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L’abondance pour tous dans la société socialiste du futur
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12.10.2026
Alexia Blin

L’abondance pour tous dans la société socialiste du futur

La lutte des classes ne se joue pas uniquement sur les lieux de travail. Elle est également ancrée dans la vie quotidienne, et en particulier dans les modes de consommation. La position de la gauche vis-à-vis de cette question a souvent été réduite à une critique pessimiste et peu constructive de l'aliénation engendrée par la consommation de masse. Cette caricature masque pourtant une riche tradition de réflexions et de contre-propositions à propos de la satisfaction des besoins dans la société sans classe.

La lutte des classes ne se joue pas uniquement sur les lieux de travail. Elle est également ancrée dans la vie quotidienne, et en particulier dans les modes de consommation. La position de la gauche vis-à-vis de cette question a souvent été réduite à une critique pessimiste et peu constructive de l’aliénation engendrée par la consommation de masse. Cette caricature masque pourtant une riche tradition de réflexions et de contre-propositions à propos de la satisfaction des besoins dans la société sans classe. Prenant forme dans les luttes sociales, dans les réflexions théoriques et dans les programmes politiques, ces réflexions et contre-propositions dessinent la perspective d’une abondance collective – débarrassée de l’exploitation à la fois des hommes et de la nature –, d’une consommation qui ne soit jamais déconnectée du monde de la production et qui satisfasse les besoins sans se soumettre à la domination du marché. Si l’histoire de la contre-société de consommation socialiste a des racines anciennes, je me concentre ici sur la période récente, pour mettre en valeur un certain nombre de propositions et d’expériences permettant de donner chair au luxe collectif à venir1.

La consommation dans les luttes

La consommation est elle-même un terrain de luttes. Au-delà des initiatives de consommateurs « engagés », promouvant les circuits courts ou l’accès à une meilleure information2, la question de la satisfaction des besoins peut être prise en charge par des mouvements de transformation plus larges, qui donnent à voir, dans un contexte de conflit social, comment celle-ci pourrait être réglée dans la société du futur.

Il arrive que la consommation soit l’objet même de la lutte, comme dans le cas du mouvement Food Not Bombs (« De la nourriture, pas des bombes »). Né sur la côte est des États-Unis dans les années 1980, à l’initiative de militants antinucléaires, le groupe récupère des surplus alimentaires, prépare des repas dans des cuisines collectives, qui sont ensuite servis aux plus démunis. Il ne s’agit pas, pour ses membres, de faire la charité, mais de mettre en scène un monde où chacun pourrait se nourrir, et où la distribution serait collectivisée et gérée de manière démocratique. Le mouvement, qui a depuis essaimé dans une soixantaine de pays, a parfois fait face à une répression violente, et entend également lutter pour un monde où l’accès égalitaire à la nourriture ne serait pas criminalisé3.

La question de la consommation peut aussi être non pas le point de départ de la lutte, mais en devenir une conséquence. C’est notamment le cas lors de mouvements qui se caractérisent par des occupations de longue durée, impliquant une réorganisation du quotidien, comme lors de la lutte des Lip, entre 1973 et 1977. Si on a gardé de Lip – mobilisation d’ouvriers, qui reprennent en autogestion leur usine de montres dans la région de Besançon – le slogan « On fabrique, on vend, on se paye », le mouvement s’est également caractérisé par de longs mois d’occupation, qui ont abouti à la mise en place de pratiques de consommation solidaires et démocratiques. Selon Charles Piaget, l’un des syndicalistes meneurs de la lutte, celle-ci a représenté « la mise en marche de toute une société socialiste ». Lors des mois d’occupation, un restaurant collectif est notamment créé dans la cantine de l’usine de Palente. Dans ce lieu où, avant la grève, les différentes catégories de personnels étaient strictement séparées, les repas sont désormais pris en commun. Le service est assuré par des volontaires, selon un roulement décidé par l’Assemblée générale. Le restaurant fonctionne grâce à des dons et à la solidarité des fournisseurs locaux – un écho aux repas de grève de la France de 1936. L’expérience Lip se prolonge sur plusieurs années et, à la fin des années 1970, l’usine propose un accès à des biens et des services bien au-delà de la seule restauration. Les échanges de services entre ouvriers sont fréquents – leur évitant de se tourner vers une consommation marchande à l’extérieur de l’usine. On trouve en son sein un atelier de mécanique automobile, un salon de coiffure, une imprimerie ou encore une crèche. La plupart de ces services sont accessibles non seulement aux travailleurs de Lip, mais aussi à certains de leurs soutiens, et aux chômeurs de Besançon4.

Au-delà du moment autogestionnaire des années 1970, on retrouve de telles pratiques collectives, valorisant l’échange et la gratuité, au sein de luttes plus récentes. Ainsi, dans la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes dans les années 2010, le fonctionnement collectif est largement fondé sur le don. On y trouve des cantines collectives, un « non-marché » (qui rassemble chaque vendredi les productions agricoles de la ZAD, la récupération des supermarchés et les dons et où chacun se fournit à prix libre) ainsi qu’une épicerie qui fonctionne comme un « free shop » (un dépôt de vêtements, d’outils, de nourriture, mis gratuitement à disposition). Si différentes tendances de la gauche et de l’écologie radicales se retrouvent à Notre-Dame-des-Landes, avec des conceptions variées de la société future, leurs militants s’accordent en général sur un accès inconditionnel à la satisfaction des besoins. La consommation ne dépend pas du travail fourni, on ne surveille pas ce que chacun donne ou prend, et le principe de la gratuité n’est pas remis en cause5.

Les luttes sociales, surtout lorsqu’elles s’accompagnent de phénomènes d’occupation prolongée, peuvent devenir la préfiguration de la société socialiste. Elles restent cependant ponctuelles, et les pratiques de consommation qu’elles font naître tendent à disparaître quand le conflit s’éteint ou que les groupes qui les animent se dissolvent.

Expériences municipalistes

Plus durables sont les projets menés à l’échelle des villes autour de programmes politiques. La période récente a en effet connu un renouveau des expériences dites « municipalistes », des entreprises de transformation sociale municipales, qui passent pour certaines par la prise de contrôle des mairies et la tentative de faire vivre des formes de démocratie citoyenne. L’une des revendications du municipalisme est de transformer les structures locales de l’économie, pour s’opposer aux politiques du néo-libéralisme et au cadre capitaliste dominant à l’échelle de l’État. Ces expériences sont l’occasion de proposer un mode de satisfaction des besoins qui tranche avec la société de consommation de masse capitaliste6.

Ce nouveau municipalisme a pris plusieurs formes. La première est proche de la tradition du socialisme municipal qui a connu son heure de gloire au tournant du [xx]{.smallcaps}^e^ siècle. Entre les années 1880 et 1910, en effet, dans de nombreux pays d’Europe, mais aussi aux États-Unis, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, des partis socialistes acquièrent un poids électoral suffisant pour investir la sphère municipale afin d’apporter des améliorations immédiates aux conditions de vie des classes populaires. De Milwaukee à Roubaix, les élus socialistes cherchent à satisfaire les besoins prioritaires des populations les plus démunies. Les mairies fournissent ainsi des vêtements et des repas aux enfants des familles pauvres. Elles proposent des modes de consommation ouverts à tous, en créant des centres de santé, des crèches ou des cuisines publiques. Elles participent à la lutte contre la vie chère en ouvrant des boulangeries ou des boucheries municipales – parfois en lien avec des sociétés coopératives. C’est également à cette période que s’opère la mise en régie des services de gestion de l’eau, du gaz ou des tramways, étendant ainsi le domaine des services publics7.

C’est clairement dans cette tradition que s’inscrit Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, élu en novembre 2025. Le candidat, issu des Democratic Socialists of America, s’en revendique d’ailleurs explicitement quand il fait l’éloge du « socialisme des égouts » – selon le sobriquet stigmatisant utilisé par les opposants aux élus de Milwaukee au début du siècle dernier, tournant en dérision l’aspect terre-à-terre du socialisme municipal. La campagne de Mamdani a été largement axée sur la question de l’amélioration immédiate des conditions de vie des classes populaires, via le développement de services publics municipaux accessibles à tous et le blocage des prix. C’est bien la thématique de « l’affordability » (la vie bon marché) qui a valu au nouveau maire une partie de sa grande popularité, notamment dans un contexte d’inflation croissante.

Le programme de Mamdani, fondé sur l’ouverture de grands magasins publics aux quatre coins de la ville, le gel des loyers, les transports gratuits, des crèches municipales et même la multiplication des toilettes publiques, a suscité de très vives critiques à droite et au sein d’un establishment démocrate qui y a vu le spectre de la collectivisation soviétique (et des pénuries qui lui sont associées)8. Il fait plutôt écho aux mesures des socialistes états-uniens des années 1910 du premier socialisme municipal. La critique du programme de Mamdani est aussi venue de la gauche, qui souligne les contradictions dans lesquelles celui-ci est enfermé, puisqu’il opère dans le cadre d’un État et d’une nation capitalistes, au sein desquels les règles de partage des richesses n’ont pas changé. Son application dépend du soutien (au moins de l’absence d’obstruction) de la part de la gouverneure de l’État ainsi que de l’échelon fédéral, rendant certaines concessions nécessaires et pouvant faire craindre de grands renoncements à venir9.

D’autres expériences municipalistes ont tenté de remédier à la difficulté de construire le socialisme dans une seule mairie. C’est le cas du réseau des « villes sans peur », constitué à partir de Barcelone à l’été 2017. Il s’agit de réunir différentes expériences internationales de municipalisme afin de construire des solidarités « translocales », qui débordent le cadre de l’État-nation. Le réseau vise à partager des expériences à la fois théoriques et concrètes et de tenter de dépasser les limites du pouvoir uniquement local. Dans cette version du municipalisme, la question de la consommation et de la satisfaction des besoins apparaît centrale à deux titres. D’abord parce que le modèle le plus défendu est celui où le pouvoir local est directement issu de mouvements sociaux urbains liés à l’amélioration de la qualité de vie populaire. C’est particulièrement le cas à Barcelone, où la victoire électorale de 2015 est liée aux succès de luttes sur la question du logement et où les mesures les plus importantes prises par la municipalité visent à rendre les lieux d’habitation abordables. Ensuite, le réseau « villes sans peur » est très investi dans la question du développement des « communs », c’est-à-dire d’espaces de vie et de consommation extraits de la dépendance au marché – dans les domaines du logement, de l’énergie, de l’accès à l’eau et la nourriture, notamment10.

Planification écosocialiste

Pour certains à gauche, ces expériences restent cependant trop isolées, et la perspective des solidarités translocales garde un caractère trop théorique. C’est en particulier le cas d’auteurs qui se revendiquent de la tradition écosocialiste, et qui prônent une transformation radicale des modes de vie à plus grande échelle11. Celle-ci, dans la filiation d’auteurs comme André Gorz ou Ivan Illich, défend une redéfinition du modèle socialiste qui tienne compte des limites planétaires, et dépasse donc le productivisme, tout en satisfaisant les besoins du plus grand nombre. Face au capitalisme destructeur pour les hommes et la nature, l’écosocialisme propose un réinvestissement de l’idéal de planification. Il ne s’agit pas d’une nostalgie de l’expérience soviétique. Celle-ci est au contraire rejetée, pour avoir prétendu abolir la marchandise, et ne produire en fait que la « dictature sur les besoins » dénoncée par la philosophe hongroise Ágnes Heller, dans laquelle une bureaucratie gérait arbitrairement la pénurie.

Après avoir été longtemps décriée, la planification revient donc en grâce, cette fois dans sa version écosocialiste. Cette nouvelle mouture ne cherche plus à développer au maximum les forces productives, mais au contraire à organiser une décroissance contrôlée. Dans la société écosocialiste, il faudra en effet produire et consommer moins. Contrairement à ce que veut laisser croire l’utopie du « développement durable » – que le philosophe marxiste japonais Kōhei Saitō qualifie de « nouvelle version de l’opium du peuple » –, il ne sera pas possible de maintenir les modes de vie actuels grâce à un capitalisme plus vertueux12.

Cela ne revient pas à dire qu’au sein de ce programme les questions de consommation passent au second plan. Au contraire, une partie importante des penseurs écosocialistes revendiquent la centralité de la question des besoins et de leur satisfaction. Sortir du consumérisme et défendre la décroissance ne signifie pas renoncer à toute vision positive de la consommation. Pour un certain nombre d’auteurs, il est même nécessaire de revendiquer l’abondance, en traçant la perspective d’un « communisme du luxe ». Non pas en démocratisant le luxe et la profusion capitalistes, mais en promettant une société où l’on produit de manière émancipée des biens solides, réparables, échangeables13. Plus de services publics, plus de biens communs, plus de consommations collectives, moins de luxe privé et exclusif : voilà le programme.

Le projet de la planification écosocialiste ne se pense pas comme une injonction paternaliste qui dirait aux consommateurs ce qu’ils doivent désirer. Les théoriciens de cette tradition entendent à ce titre se distinguer de la critique de gauche classique de l’aliénation de la consommation de masse (à laquelle la pensée socialiste, sur ces questions, a souvent été réduite). Il s’agit de redonner une voix et une capacité d’action aux individus, mais pas au sens de la démocratie du marché. Les consommateurs, au sein du système capitaliste, ne sont pas des individus souverains, à même d’influencer par leurs choix les grandes orientations de l’économie. Penser que, sans une transformation radicale, les acheteurs pourraient être des « consom’acteurs » vertueux, dont les comportements permettraient de moraliser le capitalisme, relève de l’illusion. Pour les écosocialistes, il est possible d’imaginer un système de planification démocratique, avec par exemple un fonctionnement fédéral d’assemblées locales, au sein desquelles les besoins seraient discutés collectivement et où des expérimentations pourraient être menées à petite échelle avant d’être généralisées. Les décisions prises à ces échelons devraient être soumises à des impératifs, en particulier écologiques, mais le système laisserait une grande place à la démocratie des consommateurs. C’est ainsi que Razmig Keucheyan et Cédric Durand pensent qu’il est possible d’imaginer une « projection de la puissance du consommateur collectif vers l’amont de la production ». Les utilisateurs, expliquent-ils, ont des connaissances approfondies concernant les produits et leurs usages et celles-ci devront être mises à profit, non à destination d’un marketing ciblé permettant d’augmenter sans fin la production, mais pour prendre des décisions organisant l’économie pour le bien de toutes et tous14.

Il demeure des débats au sein de la mouvance écosocialiste. Si Keucheyan et Durand défendent la possibilité de s’appuyer sur le numérique pour former des communautés de consommateurs actifs à même de peser sur les choix des producteurs (sous forme de « cybersoviets » démocratiques), d’autres auteurs sont bien plus critiques des nouvelles technologies et considèrent qu’elles ne peuvent servir que d’accélérateurs du consumérisme15.

En dépit de ces débats, ces penseurs, comme les partisans du municipalisme ou les acteurs des luttes d’occupation, ont en commun l’idée qu’il est possible de penser une consommation socialiste qui n’oublie pas les conditions de la production, s’émancipe des diktats du marché et revête un caractère résolument collectif et politique. En écho à ce qu’écrivait Kropotkine à la fin du [xix]{.smallcaps}^e^ siècle, « l’abondance pour tous n’est pas un rêve16 ».


  1. J’adopte ici une définition large du terme socialiste, désignant non les partis de gauche dits « de gouvernement », mais les mouvements préoccupés par « la question sociale », soucieux d’égalité et de transformation sociale. Pour une présentation historique plus développée des enjeux présentés ici, voir Alexia [Blin]{.smallcaps}, À l’assaut de l’abondance. Socialisme et consommation. Du [xix]{.smallcaps}^e^ siècle à nos jours, Paris, PUF, 2025. ↩

  2. La question de l’information est loin d’être indifférente, on le constate notamment avec la disparition de 60 Millions de consommateurs, mais elle ne se situe pas dans une perspective de transformation radicale des modes de vie. ↩

  3. Sean [Parson]{.smallcaps}, Cooking up a Revolution: Food Not Bombs, Homes Not Jails, and Resistance to Gentrification, Manchester, Manchester University Press, 2020. ↩

  4. Donald [Reid]{.smallcaps}, L’affaire Lip. 1968-1981, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2020. ↩

  5. Geneviève [Pruvost]{.smallcaps}, « Critique en acte de la vie quotidienne à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (2013-2014) », Politix, 117-1, 2017, p. 35‑62. ↩

  6. Paula [Cossart]{.smallcaps} et Pierre [Sauvêtre]{.smallcaps}, « Du municipalisme au communalisme », Mouvements, 101-1, 2020, p. 142‑152. ↩

  7. Shelton [Stromquist]{.smallcaps}, Claiming the City: A Global History of Workers’ Fight for Municipal Socialism, Londres ; New York, Verso Books, 2023. ↩

  8. Ben [Burgis]{.smallcaps}, « The right-wing panic over government-owned grocery stores », Opinion, MNSBC, 3 juillet 2025, https://www.ms.now/opinion/msnbc-opinion/zohran-mamdani-grocery-stores-food-deserts-panic-rcna216332 ↩

  9. Evan [Welkin]{.smallcaps}, « Mamdani ou l’impasse de l’entrisme démocrate », Positions Revue, 8 avril 2026, https://positions-revue.fr/mamdani-ou-limpasse-de-lentrisme-democrate/ ; Peter [Frase]{.smallcaps}, « Zohran Mamadani and the Contradiction of Democratic Socialism », Jacobin, 27 avril 2026, https://jacobin.com/2026/04/mamdani-dsa-democratic-socialism-capitalism ↩

  10. David [Hamou]{.smallcaps}, « Municipalisme du commun : vers une alliance transnationale des “villes sans peur” ? », in Christian [Laval]{.smallcaps}, Pierre [Sauvêtre]{.smallcaps} et Ferhat [Taylan]{.smallcaps} (dir.), L’alternative du commun, Paris, Hermann, 2019, p. 339‑345. ↩

  11. Voir par exemple Michael [Löwy]{.smallcaps}, Étincelles écosocialistes, Paris, Éditions Amsterdam, 2024. ↩

  12. Kōhei [Saitō]{.smallcaps}, Moins ! La décroissance est une philosophie, Paris, Éditions du Seuil, 2024. ↩

  13. Voir par exemple Razmig [Keucheyan]{.smallcaps}, Les besoins artificiels : comment sortir du consumérisme, Paris, Zones, 2019. ↩

  14. Cédric [Durand]{.smallcaps} et Razmig [Keucheyan]{.smallcaps}, Comment bifurquer : les principes de la planification écologique, Paris, Zones, 2024. ↩

  15. Voir, parmi d’autres, Fabrice [Flipo]{.smallcaps}, La numérisation du monde : un désastre écologique, Paris, L’Échappée, 2021. ↩

  16. Pierre [Kropotkine]{.smallcaps}, La conquête du pain, Montreuil, Nada, 2022 (1892). ↩

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