Editorial : l'état d'abondance
L’impasse néolibérale dans laquelle nous sommes ne marque nullement la fin de l’Histoire, mais, au contraire, ouvre la possibilité de son redémarrage. Pour sortir de cette impasse, et pour refuser le chemin de la pénurie, nous opposons celui de l’abondance. Le communisme a dessiné l’horizon d’une humanité réconciliée, sans classe, genre, ni race, une humanité rendue concrète ; il nous appartient de réaliser ce projet. Ce numéro se propose de définir les contours d’une société où le luxe communiste devient possible.
Sortir des impasses néolibérales
La période néolibérale apparaît comme la reprise de pouvoir sur la régulation économique des intérêts d'un capital ne parvenant plus à créer de nouvelles sources de croissance après les crises économiques des années 1970. À la différence des idéaux de l'ancien libéralisme, le néolibéralisme n'a pas forcément revendiqué la fin de l'intervention publique, mais a cherché à aligner cette intervention vers ses intérêts, en particulier en accompagnant une régulation économique qui permette de modifier à son avantage le partage de la valeur entre le capital et le travail.
L'école unitaire
C’est le constat d’un échec. Un échec organisé et programmé. L’école, de la maternelle au lycée, subit depuis une quarantaine d’années une guerre que lui mène le néolibéralisme. Bâtir une société égalitaire requiert que l’école, qui est actuellement une étape centrale de la vie des individus, se transforme pour offrir concrètement les conditions de sa réalisation. Son objectif, pour paraphraser Gramsci, doit être celui de construire une école unitaire en mesure de former des individus capables et autonomes, intellectuellement et manuellement
Logement : vers l'abolition de la rente immobilière
Pénurie, loyers prohibitifs, mal-logement record : la crise du logement est le produit de quarante ans de politiques au service de la rente. Face aux fausses solutions de la bourgeoisie ou à celles, insuffisantes, de la social-démocratie qui laissent cette rente intacte, nous défendons une rupture : crédit immobilier nationalisé à taux zéro, sol public, taxation confiscatoire de la multipropriété et démocratie dans l’habitat.
La sobriété du travail
La sobriété du travail n’est donc pas une récession imposée, mais un choix politique d’émancipation, pour produire moins, vivre mieux, réduire la contrainte salariale pour libérer du temps de vie et recentrer les efforts sur les besoins essentiels. Ce choix suppose un rapport de force. Car s’opposer au projet capitaliste de croissance infinie, c’est affronter ses institutions, ses hiérarchies et ses valeurs.
L’abondance pour tous dans la société socialiste du futur
La lutte des classes ne se joue pas uniquement sur les lieux de travail. Elle est également ancrée dans la vie quotidienne, et en particulier dans les modes de consommation. La position de la gauche vis-à-vis de cette question a souvent été réduite à une critique pessimiste et peu constructive de l'aliénation engendrée par la consommation de masse. Cette caricature masque pourtant une riche tradition de réflexions et de contre-propositions à propos de la satisfaction des besoins dans la société sans classe.
L'électricité n'est pas une marchandise
Face à l'impasse du néolibéralisme et aux illusions du retour en arrière, il est plus que jamais nécessaire de construire une sécurité sociale de l'électricité pour reprendre le pouvoir sur la production.
L'industrie des transports : de la concession à la socialisation
Pas de marchandise vendue ni de force de travail exploitée sans transport : la circulation n'est pas moins importante que la production elle-même. De là découle l'histoire d'un secteur constamment remodelé par l'État – concessions, nationalisations, privatisations – au rythme des besoins du Capital. Et de là découle aussi l'exigence actuelle : planification démocratique et socialisation de l'industrie des transports.